Intervention de Denis Vemclefs au nom de notre groupe ce matin au conseil municipal.

 

Monsieur le Maire,

Mesdames, Messieurs les élu-e-s,

Mesdames, Messieurs,

 

De places publiques en rond-points, une colère traverse notre pays depuis le 17 novembre.

Lancée contre la hausse injuste des taxes sur le prix des carburants, la mobilisation met en évidence, une lutte pour la justice sociale et pour la justice fiscale !

Si ce mouvement peut donner à voir le pire, (je pense aux actes xénophobes et racistes qui ont émaillé des rassemblements, ou a cette chasse à des migrants); il permet aussi d'entrevoir le meilleur.

Les gilets jaunes sont en train de faire une expérience collective, ils cheminent ensemble, ils cherchent des solutions répondant à des problématiques d'intérêt général et refusent toute récupération politique d’où qu’elle vienne.

Comme monsieur Jourdain, dans le bourgeois gentilhomme, qui faisait de la prose sans le savoir, les gilets jaunes font de la politique et ça fait un bien fou.

Loin du dédain portés par quelques commentateurs, loin du silence du Président de la République et de son gouvernement 3 semaines durant, les revendications posées par les gilets jaunes sont d'abord et avant tout politiques, elles appellent donc des réponses politiques et la recherche de solutions sociales, économiques et institutionnelles adaptées !

Lundi soir au moment où devait se tenir notre conseil municipal, (ajourné pour défaut d’écoute de nos concitoyens)…Emmanuel Macron s'est enfin exprimé sur cette colère et ces revendications. Mais ses réponses, je dirais plutôt ses faux semblants ne trompent personne et aujourd’hui en ce moment même où nous sommes réunis, des dizaines de rassemblements se mettent en place partout dans notre pays. La crise sociale est à son comble.

La question du pouvoir d'achat le partage des richesses est au centre des attentes. Ce que veulent les salariés ou les retraités, c'est de pouvoir vivre dignement des fruits de leur travail, et non pas survivre, comme ils le font depuis tant de mois et tant d'années.

Sur notre ville, les catégories populaires subissent de plein fouet les politiques d’austérité nationales et celles mises en œuvre au niveau local par votre majorité depuis 2014.

Par ailleurs le Président a gardé un silence terrible sur les revendications de la jeunesse, alors que des universités et plus de 400 lycées sont régulièrement bloqués. Il n'a pas eu un mot pour les rassurer, face aux inquiétudes qu'ils ont pour leur avenir avec une réforme du bac affaiblissant la valeur nationale du diplôme et un système de sélection à l'entrée à l'université, parcoursup, qui défavorise les élèves de banlieues populaires même méritants, car ils ne viendraient pas du bon lycée. Pourtant, il ne peut y avoir d'avenir heureux, sans que notre jeunesse soit respectée au présent, et qu'elle puisse aussi s'émanciper, accéder à l'université et suivre les études de son choix, sans déterminisme social. (les deux lycées de notre ville ont été au cœur de ce mouvement, nous ne pouvons l’ignorer,)

Les plus grandes fortunes, les plus hauts revenus ne peuvent être exonérés de toute participation à l'effort de solidarité. Il faut rétablir de toute urgence l'impôt de solidarité sur la fortune et lutter contre la fraude fiscale ou les exonérations fiscales qui légalement profitent aux plus grandes entreprises et leur permettent de payer proportionnellement 2 à 3 fois moins d'impôts que les PME ou les petits artisans.

C'est par une mesure comme celle-ci que l'impôt retrouvera sa légitimité, que l'on pourra rétablir de la justice fiscale, pour financer la justice sociale!

Que l'on soit gilet jaune, gilet rouge de la CGT, blouse blanche mobilisée pour la défense de l’hôpital public ou robe noire d'avocat agissant contre la réforme de la justice, nous sommes tous traversés par une aspiration au mieux vivre ensemble !

Les collectivités locales peuvent et doivent être au centre de l’accompagnement des populations pour partager du vivre ensemble, pour protéger les plus fragiles, pour inventer des politiques au service de l’intérêt général et les attaques répétées des gouvernements successifs depuis maintenant 30 ans pour affaiblir les collectivités locales sont insupportables, les gilets jaunes ne s’y trompent pas en exigeant des moyens pour les communes.

Pour ce qui nous concerne l’engagement que nous avons pris et que nous prenons pour demain pour construire avec tous un nouvel Avenir à Saint-Ouen passe par la remise en cause des politiques d’austérité d’où qu’elles viennent.

Je vous remercie.

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