Intervention de François Giunta au dernier conseil municipal: pourquoi a-t-elle été censurée par Delannoy?

Voilà ce qui a tant déplu au maire pour qu'il coupe le micro de notre collègue et devienne hargneux vis à vis d'une partie du public qui assistait au conseil (dont la femme de François).

Question 5 Subventions aux Associations.

Monsieur Le Maire, mes chers Collègues,

 

 

Après les trois interventions et le débat qui s’engage, vous ne serez pas étonné que j’aborde la question des organisations syndicales.

 

Un mot tout d’abord pour dire mon étonnement d’entendre Lias Kémache, présenter une délibération sur la répartition des subventions où il est écrit sans aucune autre forme de procès à la ligne syndicat : ‘’CGT et CFDT : projets non retenus’’

 

Le parti socialiste nous avait habitué à la Gauche molle, à la gauche caviar, à la fausse gauche mais là on atteint des sommets. Voilà que l’homme de gauche, du moins qui se revendique à gauche au sein  de cette municipalité présente sans sourciller, une délibération sur les subventions accordées aux associations locales en proposant pour la troisième année de suite zéro euro pour les organisations syndicales. C’est la France Incongrue qui a un discours de gauche pour tout ce qui touche aux décisions nationales ! Mais vote le budget d’austérité de la majorité de droite au niveau local. C’est la gauche inepte, la Dauche ou la groite qui appelle aux manifestations de rue avec les syndicats et qui propose de les asphyxier ici.

 

 Vous comprendrez Monsieur le Maire que dans ces conditions c’est à vous que je veux m’adresser. Avec vous au moins les choses sont claires, vous êtes un homme de droite qui mène une politique de droite, nous sommes une opposition de gauche qui combat votre politique. C’est cohérent.

 

Je veux donc revenir sur la subvention des syndicats et attirer, Monsieur Le Maire, votre attention sur le moment particulier dans lequel nous allons entrer. Un moment qui demande de reposer la question des subventions syndicales notamment à Saint Ouen.

 

En effet il est maintenant tout à fait clair que la vague libérale macroniste veut mettre à mal tout le service public. Ce qui se passe avec les cheminots en est la démonstration. Je ne rentrerai pas ici dans ce dossier mais il est frappant de voir qu’après avoir endetté la SNCF à coup de lignes à grande vitesse à des prix pharaoniques, ils n’ont d’autres solutions à proposer que la casse du statut protecteur des cheminots, l’ouverture à la concurrence et in fine la privatisation. Car en dehors des enfumeurs, des malhonnêtes et des naïfs, chacun sait que l’objectif du gouvernement c’est la marche forcée vers le tout libéral, le tout privé.

 

Et c’est cette démarche, Monsieur le Maire, qui est appliquée et va continuer de s’appliquer pour étrangler les collectivités territoriales. Vous pouvez être certain que s’ils arrivaient à faire plier les cheminots, c’est tout le public qui sera avalé par la déferlante libérale qui s’en suivra.

 

Or, à Saint Ouen, le tribu à payer sera plus fort qu’ailleurs. D’abord, parce que c’est une ville ouvrière qui concentre beaucoup de salariés du public, ensuite parce que c’est une ville où vont et sont arrivés plusieurs milliers de salariés de la fonction publique via le siège du Conseil régional que vous avez appelé de vos vœux et via l’hôpital qu’encore une fois vous avez décidé d’accueillir. Une parenthèse à ce sujet j’entends qu’il ne pourra pas se construire dans les docks pour raison de zone inondable et plus grave que vous envisageriez  de le mettre à la place de PSA en sacrifiant les emplois de Citroën. J’espère que ce n’est qu’une rumeur car je ne vois pas comment on peut mettre un hôpital sur un site aussi pollué, en centre ville avec les embouteillages monstres que ça va générer et jeter au chômage les centaines de travailleurs présents sur ce site.

 

Je referme la parenthèse vous nous éclairerez sur ce sujet. J’en reviens donc à mon propos en vous posant cette question : Ne pensez vous pas qu’aux vues des problématiques que je soulève, il faut redonner aux syndicats les moyens de développer leurs activités.

 

Je sais Monsieur le Maire que vous n’appréciez pas toujours les activités, les actions syndicales et que vous êtes même en conflit avec la CGT et la CFDT à propos de la bourse du travail et des mouvements revendicatifs parmi le personnel communal, particulièrement les salariés de la Sémiso. Mais faut il en rester à ce niveau ou au contraire se positionner à la hauteur des enjeux cruciaux qui vont se nouer sur notre ville ?

 

Permettez moi de penser qu’avec un peu de bonne volonté on peut décider de se mettre à la hauteur de l’intérêt général. Vous êtes le Maire et c’est au Maire qu’il incombe de venir avec des propositions acceptables par toutes les parties. Si vous n’avez pas pour objectif, comme vous le dîtes, de casser la bourse du travail, alors proposez un projet qui vous permette de réaliser votre opération immobilière pour financer l’école, de l’élargir pour financer une nouvelle bourse du travail et cerise sur le gâteau des logements sociaux. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, mais qui montre que c’est à vous de venir avec des propositions. D’ailleurs vous aviez annoncé la création d’un comité de concertation. Est-ce toujours d’actualité ? Sachez que nous sommes prêts à y participer et s’il le faut, à y jouer un rôle de médiateur entre vous et les syndicats. Nous le ferons avec toute l’honnêteté intellectuelle requise. Idem en ce qui concerne le délégué syndical de l’oph, Monsieur Naceur Bengaralli.(C'est à cet instant précis que le maire coupe le micro) Le conseil de discipline vient de le disculper de l’accusation d’harcèlement. Saisissez la balle au bon, réintégrez le, allez vers des gestes d’apaisement dont vous sortirez grandi parce qu’ils permettront à tout le monde de sortir par le haut.

 

La demande de notre groupe de revoir les subventions accordées aux syndicats est de la même veine. Nous attendons du Maire de Saint Ouen qu’il protège la population, les salariés de la ville et les 37 000 salariés exerçant leur travail à Saint Ouen, des dérives hors sol et ultra libérale de la politique gouvernementale. Vous n’êtes, il est vrai, sans doute pas le mieux placé pour cet exercice et il est impératif que nous vous remplacions dans deux ans. Mais tout de même l’attaque contre les collectivités territoriales et tout ce qui est d’ordre public peut nous permettre de refuser ensemble ce cataclysme sociétal.

 

Il vous appartient pour cela de produire les gestes d’apaisement nécessaire à une normalisation des relations syndicales. C’est possible tout de suite :

  • en redonnant une subvention aux syndicats.
  • En mettant en place le comité de concertation que vous aviez annoncé à propos de la bourse du travail.
  • En arrêtant les poursuites contre Monsieur Naceur Bengaralli et en le réintégrant à son poste.

 

Ce sont, je le sais, des décisions courageuses, mais des décisions qui prennent en compte l’intérêt général, l’intérêt de la ville et de tout le service public.


  Vous pouvez ce soir Monsieur le Maire continuer à décevoir les Audoniens, mais vous pouvez aussi, une fois n’est pas coutume, décider d’écouter l’opposition, qui, si elle est ferme et déterminée n’en est pas moins constructive.

 

Vous pouvez au nom de l’intérêt supérieur de la ville, de ses habitants, de ses salariés produire les gestes d’apaisements nécessaires et par voix de conséquence de règlement par le haut des problèmes soulevés.

 

C’est la grande vertu de la démocratie que de trouver les points de passage avec ses adversaires. Et il s’agit à propos des organisations syndicales d’un élément constitutif de la démocratie. Éclairée par les lumières, elle peut nous amener à mettre en œuvre cette pensée attribuée à Voltaire :

« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez le dire ». La balle est dans votre camp Monsieur Le Maire. La réponse que vous ferez à ces propositions ne sera pas une réponse à l’opposition mais à l’ensemble des salariés de cette ville et à toute la population.

 

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